Le croisement étagé de la rue King, ou comment sortir des sentiers battus (Outside The Box King Road Rail Grade Separation) (en anglais seulement)

Auteur(s) : T. Kelly
Conférence annuelle de l’AREMA (American Railway Engineering and Maintenance-of-Way Association), 1er octobre 2013

Sommaire

Aux yeux de la compagnie Canadien National (CN), de la municipalité et des ingénieurs chargés de concevoir le croisement étagé, le passage à niveau de la rue King (subdivision Oakville) ne pouvait être moins bien placé. Cette partie du territoire, surnommée localement « The Throat » (l’étranglement), comprend cinq subdivisions dans lesquelles, empruntant les trois voies à empiétement principales, circulent plus de 100 trains par jour. Ce corridor, où la vitesse maximale est de 129 km/h (80 mi/h), est emprunté par les trains de banlieue de Metrolinx, les trains de passagers interurbains de VIA Rail et d’Amtrak, ainsi que par les trains de marchandises du CN et du CP, qui traversent le continent et passent d’un pays à l’autre. À cela s’ajoutent un ouvrage de franchissement d’un cours d’eau constituant une aire protégée, qui est parallèle aux voies et l’entrée toute proche de la gare de marchandises du CN, avec son propre réseau de signalisation.

Ces dernières années, le corridor ferroviaire a pris de l’extension, le trafic s’est accru et l’aménagement urbain s’est poursuivi aux abords de la rue King. Le défi consistait à ériger un croisement étagé distinct tout en perturbant le moins possible le trafic ferroviaire pendant les travaux. Après la réalisation d’une étude et la consultation des clients et des parties prenantes, il a fallu se résoudre à procéder autrement que de la manière habituelle (construction du pont par tranches et interruption prolongée du service sur les voies principales).

Contrainte de sortir des sentiers battus, l’équipe de conception a proposé que soit construite, au sud de l’emplacement final, une structure renforcée en béton — un pont supportant quatre voies — que des vérins permettraient ensuite de pousser dans une tranchée creusée préalablement. Pour le CN, c’était une première. La phase finale a pu se dérouler durant une fin de semaine prolongée, avec une interruption du service réduite au minimum. L’auteur de l’article décrit tout le projet, et explique les contraintes en jeu et les difficultés à surmonter, les solutions techniques imaginées, les processus opérationnels suivis et les protocoles de communication et de coordination mis en branle. Sur le plan de l’ingénierie et de la construction, il s’agit d’une réelle prouesse, mais le succès s’explique aussi en bonne partie par une coordination minutieuse, le souci de se conformer strictement au plan convenu et la souplesse dont l’équipe de conception a fait preuve et qui lui a permis, au fur et à mesure, de trouver les solutions qui s’imposaient. L’article s’avérera précieux pour quiconque doit résoudre un problème analogue : mettre en place un ouvrage ferroviaire de grandes dimensions dans un corridor très fréquenté, en interrompant le moins possible la circulation des trains.