Intégration de la valeur sociale et économique dans la conception

Par Dr Kelly Watson and Andrew Caruso|29 juillet 2025

Kelly Watson (Ph. D.) et Andrew Caruso aborde des perspectives différentes pour conseiller les promoteurs, les investisseurs, les municipalités et les zones d’amélioration commerciale sur la meilleure façon d'intégrer la valeur sociale et économique dans des projets de développement.

Ensemble, leur travail fait ressortir deux éléments essentiels à l’obtention d’une valeur sociale véritablement percutante dans l’environnement bâti :

  • La valeur sociale ne se limite pas à l’approvisionnement. Il s’agit de redéfinir ce qui est possible et de susciter l’ambition à l’égard du site en développement.
  • Pour bien y parvenir, cela doit être pris en compte beaucoup plus tôt dans le processus de cocréation d’espaces publics, et doit s’appuyer sur des éléments probants dès le départ.

Alors, comment procèdent-ils? Nous leur avons demandé de démystifier leur approche et d’expliquer comment leur travail a un impact significatif à long terme grâce à la revitalisation urbaine.


Comment Hatch se distingue-t-elle en matière de services-conseils en valeur sociale?

Kelly :

Notre approche est holistique – au lieu de nous concentrer uniquement sur des interventions programmatiques, nous examinons aussi l’environnement physique et les possibilités afin de déterminer ce qui devrait influencer la conception. L’expérience d’Andrew en architecture est inestimable ici. En explorant les répercussions des données socioéconomiques sur les décisions de conception spatiale, nous aidons nos clients à harmoniser les possibilités du projet avec les besoins locaux démontrés. 


Quelle est la clé de ce processus

Andrew :

Pour éviter que les interventions à valeur sociale ne deviennent une simple “case à cocher” axée sur l’approvisionnement, nous encourageons les clients à s’appuyer sur des considérations socioéconomiques pour façonner l’approche de conception du projet de revitalisation.

Nous recueillons des données probantes sur la structure et le rendement de l’économie locale afin d’en cerner les possibilités de croissance uniques et de déterminer comment relier cette croissance aux besoins de la population locale. Nous travaillons ensuite de façon intégrée pour orienter le processus de conception et aider l’équipe de conception à explorer l’incidence des données probantes aux fins des décisions de conception spatiale. Cette façon plus stratégique de façonner la conception est plus susceptible d’apporter des avantages durables qui répondront véritablement aux besoins et permettront aux lieux très performants de se démarquer.

Kelly :

Un bon exemple de cette approche est notre travail sur le plan directeur de la gare de London-Waterloo. Nous avons fourni des conseils sur la façon dont la conception du domaine public pouvait favoriser des résultats sociaux précis, tout en répondant aux besoins cernés des communautés existantes, en particulier celles qui nécessitent une attention particulière, comme les femmes et les filles, ainsi que les travailleurs de la santé de première ligne au sein de la grappe des sciences de la vie de la région.’


À quoi pourraient ressembler ces interventions?

Kelly :

L’objectif est de jumeler les interventions de développement aux besoins identifiés, plutôt que d’opter pour des usages commerciaux évidents. À Waterloo, nous avons relevé la possibilité de relier un besoin démontré d’espace de rassemblement religieux et communautaire à des éléments de la gare existante et de la région environnante.

Pour moi, les avantages les plus significatifs surviennent lorsque la conception des espaces permet à un plus grand nombre de groupes démographiques d’utiliser un espace et d’y accéder, sans avoir à dépenser de l’argent pour s’y trouver.


La gare de London-Waterloo a reçu de nombreuses reconnaissances, ayant notamment remporté le prix du Festival mondial d’architecture, segment Villes intelligentes de 2024. Pourquoi le projet a-t-il trouvé un écho si important au sein de l’industrie?

Andrew :

À la lumière des commentaires du jury, le plan directeur s’est démarqué comme étant novateur pour la façon dont il se fondait sur des recherches empiriques et visait des résultats axés sur les personnes.’ Nos enquêtes nous ont permis de brosser un portrait plus complet des intervenants de la région’, par exemple les travailleurs de la santé de première ligne et les étudiants ayant des besoins uniques en matière d’accès au domaine public tout au long d’un cycle de 24 heures.


Quels sont les défis que vous devez relever?

Andrew :

Les utilisations communautaires ou culturelles relevées dans le cadre de ce processus sont parfois susceptibles de générer moins de revenus que les utilisations commerciales habituelles. Il s’agira toujours d’une considération importante pour les promoteurs, mais ces utilisations jouent un rôle crucial dans l’activation des lieux et l’harmonisation avec les ambitions économiques et sociales locales. De plus, nous croyons que le fait de répondre aux besoins réels peut faciliter la location des espaces, réduire le nombre de postes vacants et créer des lieux plus actifs et prospères, ce qui se traduira par des avantages économiques à la région.

Kelly :

Bien souvent, nous constatons que l’espace public au sein d’un projet est appelé à faire le gros du travail en matière de valeur sociale, sur le plan spatial. Mais une approche fondée sur les meilleures pratiques en matière d’espace public peut vraiment avoir un immense impact. Au parc Mayfield Park, à Manchester, nous avons aidé le client à réfléchir de façon globale aux principes-clés du plan directeur, que nous avons intégrés comme stratégie globale de développement durable. Le promoteur LandsecU+I avait compris que le fait de programmer l'espace public de manière réfléchie et de rechercher de façon proactive du financement pour soutenir cette ambition serait payant (tant sur le plan économique que social). Cela s’est traduit par la création d’un environnement dynamique dont les gens parlaient déjà avant même le début des travaux sur chantier, offrant une combinaison d’avantages commerciaux et socioéconomiques. Nous encourageons aussi les clients à aller au-delà de l’espace public. Par exemple, chez Mayfield, la stratégie globale en matière de durabilité comprend un large éventail de thèmes et d’actions prioritaires – dont un document de coordination utilisé pour harmoniser les équipes de projet et les parties prenantes vers des objectifs de valeur sociale partagée – afin de garantir la prise en compte des besoins locaux tout au long de la conception, de l’exécution et de l’exploitation. Nous en sommes maintenant à soutenir le client pour traduire cette stratégie à toutes les différentes étapes du développement.


Sur quoi vos efforts peuvent-ils avoir la plus grande incidence?

Kelly :

Pour moi, c’est l’incidence sont les cadres stratégiques à l’échelle de l’entreprise. Nous avons élaboré des cadres pour plusieurs investisseurs institutionnels qui cherchent à établir des partenariats authentiques avec le secteur public et les promoteurs, et à investir des fonds dans la revitalisation transformationnelle. Le fait de compte sur un cadre de haut niveau contribue à assurer l’uniformité de la mission et des processus qui sont essentiels pour apporter des changements dans l’ensemble d’un portefeuille d’activités, tout en tenant compte de la spécificité du contexte. Une solution prête à l’emploi ne fonctionnera jamais, car chaque endroit a ses propres besoins et possibilités. Un cadre est donc essentiel pour exercer la souplesse requise, mais de façon uniforme et robuste.

Andrew :

Je suis d’accord. Le fait d’intégrer la réflexion sur la valeur sociale au processus décisionnel de ces grandes sociétés et institutions peut harmoniser les incitatifs en matière de financement et de prestation de services.

En fin de compte, la valeur sociale doit être bien plus qu’un simple exercice d’approvisionnement. Elle doit avoir un impact important sur la façon dont nous façonnons les lieux. La seule façon d’y parvenir efficacement est d’intégrer une mentalité axée sur la valeur sociale plus tôt dans le processus d’élaboration, et d’utiliser des données socioéconomiques pour améliorer la prise de décisions relatives à la conception et à l’exécution.

Andrew Caruso

Directeur, Environnement, Population et Territoires

Andrew Caruso est architecte, économiste et responsable du développement international. Il conçoit des solutions multidisciplinaires adaptées à l’urbanisation rapide de diverses villes du monde. Il possède près de 20 ans d’expérience, sur cinq continents, dans les domaines des services-conseils, de la gestion d’ONG, des fusions et acquisitions, du développement organisationnel, de l’architecture, de la planification générale, de la résilience urbaine et du développement international, notamment à des postes de direction.

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